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Date de dernière mise à jour : 20/02/2008

Qu’est-ce que la goutte ?

La goutte est un rhumatisme inflammatoire. Elle est due à la présence de microcristaux d’un sel de l’acide urique, l’urate monosodique, dans une articulation, ce qui entraîne l’inflammation de cette dernière. Il en résulte une réaction caractéristique très douloureuse. C’est la goutte aiguë, plus souvent appelée "crise de goutte" ou "accès goutteux." Ces crises vont guérir, mais peuvent récidiver, dans des délais variables et, on parle alors de goutte chronique.

La goutte est une maladie bénigne, du moins au début quand les premières crises apparaissent. En l’absence de traitement, la répétition des crises, le dépôt de cristaux d’urate dans les articulations (les tophus) peuvent entraîner des dégâts articulaires. Souvent en effet les tophus vont s’accumuler autour des articulations et des os et détruire alors, non seulement les articulations, mais aussi les os adjacents. On parle d’arthropathie goutteuse.

Chez certaines personnes, l’excès d’acide urique s'accompagne de dépôts de cristaux dans les reins, ce qui est à l’origine de calculs rénaux et de leur conséquence, les crises de coliques néphrétiques, et à terme de complications rénales (insuffisance rénale).


>> Explications sur la maladie
>> Manifestations
>> Causes et facteurs déclenchants

Explications sur la maladie (4)

Les crises de goutte sont déclenchées par la présence, dans une articulation, de microcristaux d’urate monosodique (un dérivé de l’acide urique), qui se forment lorsque la concentration en acide urique dans le sang est trop élevée (hyperuricémie). Ces microcristaux activent naturellement le système immunitaire inné et provoquent une réaction inflammatoire dans l’articulation. En effet, différentes cellules de l’inflammation et de l’immunité innée, la première ligne de défense immunitaire, interviennent pour détruire les microcristaux, entraînant la libération de substances inflammatoires (cytokines en particulier l’interleukine (IL-1, chémokines comme l’IL-8).
En l’absence de traitement, la crise de goutte cesse d’elle-même au bout de quelque temps (quelques jours à quelques semaines), selon des mécanismes de mieux en mieux connus (5,6).


Les cellules de l’inflammation sont les « chefs d’orchestre » de la crise de goutte,
responsables de son déclenchement et de son arrêt (ici un monocyte)



 

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Manifestations

La première crise de goutte n’atteint le plus souvent qu’une seule articulation d’un membre inférieur, le pied en particulier (7). La formation des microcristaux étant favorisée par une température plus basse, les articulations de la jambe et surtout du pied sont touchées de préférence (6). Elles sont aussi plus exposées aux traumatismes ce qui faciliterait la mobilisation des cristaux inertes. L’articulation la plus fréquemment atteinte est ainsi la 1e articulation (métatarsophalangienne) du gros orteil, mais la crise peut également concerner le pied, la cheville ou le genou. Les crises suivantes atteindront les articulations du membre inférieur pendant plusieurs années, puis elles pourront toucher d’autres articulations en remontant le membre, et notamment le genou. Parfois plusieurs articulations sont touchées en même temps et l’inflammation peut alors toucher également les mains, les poignets, voire les coudes, parfois, de façon exceptionnellement, la colonne vertébrale (7).


 
Aspect typique d’une crise de goutte, située sur l’articulation de la base du gros orteil
(Photo : Pr Lioté)

 

La crise de goutte survient généralement de façon brutale, le plus souvent la nuit (5).
Les manifestations sont caractérisées par de très fortes douleurs articulaires, même le poids d’un drap devient insupportable. L’articulation apparaît tuméfiée, gonflée, rouge violine (1). Avec la résolution de la crise, la peau de l’orteil desquame et peut se détacher comme une pelure d’oignon (5,7). Ces signes peuvent être associés à une fièvre modérée à élevée (jusqu’à 39°C), parfois accompagnée de frissons ce qui fait craindre une infection sévère (5,7).
À la fin de la crise, on constate un retour à la normale de l’aspect de l’articulation (5).

À la longue et sans traitement adapté, la persistance d'un taux d’acide urique trop élevé dans le sang (hyperuricémie) entraîne la formation de dépôts de microcristaux non seulement dans les articulations, dans et autour les os, mais également sous la peau, notamment au niveau de la partie cartilagineuse du pavillon de l’oreille, du coude (bursite), du gros orteil, du talon… (5,6) Ces dépôts qu’ils soient visibles ou non, appelés « tophus » (qui signifie pierre en latin) s’observent environ 10 à 20 ans après la première crise. Les problèmes rénaux, et en particulier les calculs, sont également fréquents chez les personnes souffrant de goutte (7).

 

 

 
Tophus sous-cutanés au cours d’une goutte chronique
(Photo : Pr Lioté
)

Bibliographie :
1. Punzi et Oliviero F. Diagnostic clinique des arthropathies microcristallines. Revue du Rhumatisme 2007:74:138-46.
2. Lioté F et Ea HK. Physiopathogénie de l’inflammation microcristalline. Revue du Rhumatisme 2007;74:1-7.
3. Bardin T et al. Goutte. In : Godeau P, Hersin S, Piette JC, editors. Traité de Médecine ; 4e édition, Paris ; Médecine Sciences Flammarion, 2004, 2261-71.

 

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Causes et facteurs déclenchants

La goutte apparaît souvent comme une maladie familiale et héréditaire (5). On trouve en effet souvent plusieurs générations atteintes, de père en fils habituellement. Ses causes génétiques sont encore mal connues.

Elle est due à un excès d’acide urique dans le sang (hyperuricémie) qui peut avoir plusieurs origines :
- Une augmentation de la production par l'organisme et/ou une élimination insuffisante de l’acide urique par les reins (5) ;
- Une alimentation trop riche en protéines d’origine animale (viande, poisson…) et/ou une consommation d’alcool importante (bière et alcools forts), même occasionnelles qui représentent l’une des causes les plus anciennement connues (2,3), d’où le nom de la "maladie des rois" donnée autrefois à cette maladie ; la goutte est beaucoup moins fréquente en période de disette comme les grandes guerres ;
- L’utilisation de certains médicaments, tels que les diurétiques ou certains traitements utilisés en cas de greffe d'organe par exemple, ou de façon aiguë au cours de la chimiothérapie de certains cancers (1,5) ;
- L’excès d’acide urique peut s’observer dans des maladies comme une insuffisance rénale chronique, un psoriasis cutané étendu.



La consommation de bière, avec ou sans alcool, est un facteur d’hyperuricémie
(à l’origine de la goutte)

Une crise de goutte peut être déclenchée dans différentes situations (5,7) :
- traumatismes physiques (choc direct, chaussures trop serrées, marche prolongée, choc),
- situations dites "de stress" (stress, surmenage, intervention chirurgicale),
- infections (grippe, pneumonie, bronchite aiguë),
- infarctus,
- arrêt brutal ou mise en route de certains médicaments dont ceux qui servent à réduire l’uricémie.


 

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