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Date de dernière mise à jour : 20/02/2008 Diagnostiquer et traiter la goutte Même si les signes de la maladie sont caractéristiques, la goutte peut être difficile à reconnaître, en particulier lorsque c’est la première crise. La clé du diagnostic repose sur l’examen du liquide articulaire (épanchement de synovie) par la ponction de l’articulation. La présence de microcristaux permet d’affirmer la goutte. Différents examens complémentaires [analyse de l'épanchement du synovie ou liquide articulaire, analyse de sang, radiographie, échographie prochainement] permettent de confirmer le diagnostic. Le traitement de la goutte a trois objectifs : - Traiter la crise de goutte- Diminuer le taux d’acide urique dans le sang et réduire les stocks de cristaux d’urate accumulés - Eviter de nouvelles crises Les modalités de traitement sont déterminées par des règles définies au niveau européen et publiées en 2006.
>> Diagnostiquer la goutte (7,10)
La crise de goutte typique est souvent facile à reconnaître lorsqu'elle est localisée à la base du gros orteil : douleur intense au moindre contact, articulation gonflée, rouge et chaude, fièvre parfois. Les autres localisations peuvent être de diagnostic plus difficile. Le diagnostic repose alors sur les examens complémentaires. Différents éléments peuvent aider au diagnostic. C’est le cas de l’existence d’une goutte chez les parents ou dans la fratrie, un antécédent de colique néphrétique avec des calculs invisibles sur les radiographies simples, un « syndrome métabolique »*. Une analyse de sang apporte aussi des informations diagnostiques en révélant : - l’existence d’un taux d’acide urique trop élevé (hyperuricémie > 420 µmol/l ou 70 mg/l), ce qui n’est pas toujours le cas au moment d’une crise- une inflammation marquée par une augmentation de la vitesse de sédimentation globulaire (VS) - une augmentation du taux de globules blancs (leucocytes) et de la protéine CRP, également caractéristique d’une inflammation.
C’est la présence des microcristaux d’urate qui est la véritable clé du diagnostic. Elle est recherchée dans le liquide articulaire. Le médecin prélève un peu de liquide synovial dans l’articulation avec une seringue ; on parle de ponction articulaire. L’examen au microscope permet d’identifier facilement, au prix d’une bonne technique, les microcristaux. La ponction permet aussi, en diminuant le volume du liquide intra-articulaire, de réduire la douleur. La radiologie n’aide pas à diagnostiquer la crise de goutte, en revanche elle est très utile pour exclure un autre diagnostic, et dans la goutte chronique, elle permet de visualiser les dégâts provoqués par les tophus sur l’articulation et les os adjacents (on parle d’arthropathie goutteuse).
Traitement médicamenteux Deux types de médicaments au moins sont efficaces pour soulager la douleur et réduire les symptômes inflammatoires de la crise de goutte : un anti-goutteux et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (10).
- L’antigoutteux est d’autant plus efficace qu’il est pris précocement, dès le début de la crise. La dose quotidienne doit être adaptée à chaque personne selon son âge, et son état rénal notamment. Elle peut provoquer des troubles digestifs, en particulier une diarrhée qui oblige à réduire la dose, voire à arrêter le traitement chez certains patients (11). - Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont également efficaces mais entraînent parfois des effets indésirables digestifs (douleurs gastriques, ulcère gastrique ou duodénal, saignements intestinaux). Le traitement doit être de courte durée et sera ajusté à la personne : âge, état cardiaque, hypertension, état rénal. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens doivent être évités chez les personnes ayant des problèmes cardiovasculaires ou ayant reçu une greffe d’organe (10). Parfois le rhumatologue utilisera une infiltration de cortisone intra-articulaire, ou recommandera une injection intramusculaire ou sous-cutanée d’ACTH, une hormone qui a un effet sur l’articulation. Traitement non-médicamenteux L’immobilisation de l’articulation et l’application de glace apportent un réel soulagement (10,11).
Lorsque les crises de goutte se répètent, qu’une arthropathie goutteuse survient, qu’il existe des tophus, ou que des coliques néphrétiques compliquent la goutte, un traitement de fond doit être prescrit. Il vise à diminuer le taux excessif d’acide urique dans le sang (hyperuricémie) et à éviter l’apparition de nouvelles crises. Ce traitement en normalisant l’uricémie favorise la dissolution des microcristaux existants et évite la formation de nouveaux microcristaux dans les articulations ou dans les reins (11).
^^Sommaire^^
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